dimanche 18 septembre 2016

L'ART DU POSTER : L'EXEMPLE DE L'OKTOBERFEST.


En général ce besoin survient à l'adolescence...dans notre chambre...  À cet âge d'effervescence où notre personnalité s'affirme, se définit; où on désire s'émanciper, marquer son territoire, et parfois se révolter.  Un moyen de faire tout ça c'est de mettre des affiches (posters) sur les murs de notre chambre.  Une façon de meubler notre univers, de dire ce que l'on aime, nos préférences, ce qui compte pour nous.  Ces images peuvent représenter notre groupe de musique ou notre artiste favori; une équipe de sport ou un joueur de ce club dont on est un fanatique.  Cela peut être une grande photo ou un dessin illustrant une cause qui nous importe, ou qui est l'expression de notre révolte d'ado.  Faute de pouvoir s'offrir une oeuvre d'art, ou une peinture que l'on admire, on achètera à peu de frais un poster la reproduisant.



L'affiche possède ce pouvoir d'attraction qui peut nous inciter à faire l'achat d'un produit commercial.  Elle peut également devenir un objet d'art elle-même, comme ces posters de films collectionnés par des amateurs de cinéma.  À titre d'exemple, le film "The Birds", du renommé cinéaste Alfred Hitchcock, a été publicisé, à sa sortie, par plusieurs affiches.  Ma préférée est celle (voir illustration ci-dessus) créée par Angelo Cesselon (1922-1992).  Par le choix des couleurs et l'expression des personnages superposés dans cette oeuvre, son auteur nous saisit et nous plonge dans l'horreur de cette production cinématographique majeure des années 1960.  Par sa beauté et le choc visuel qu'elle provoque, cette affiche communique avec l'observateur avec tant d'éloquence, qu'elle épouse, en quelque sorte, la définition de la poésie, cet art qui vise à dire plus en disant mieux...


À l'origine, vers la fin du XIXe siècle, les affiches servaient surtout à annoncer des événements ou à faire de la propagande politique.  Dès son avènement, cette forme d'art a attiré de grands peintres ou d'extraordinaires dessinateurs comme Toulouse-Lautrec (voir exemple ci-dessus), Alphonse Mucha et Eugène Grasset.  Leurs posters ont fait sensation et sont devenus bien plus que de simples annonces commerciales.  Ils ont été récupérés par les musées, comme objets de valeur, tellement ils étaient populaires et admirés par le public.


Ce moyen d'expression peut être puissant.  On a qu'à penser à l'affiche (ci-dessus) représentant le révolutionnaire "Che Guevara", que l'on voit encore reproduite de nos jours sur une multitude d'objets (entre autres, des T-Shirts !).  Son auteur, Jim Fitzpatrick, se doutait-il, en la créant, qu'elle servirait de symbole pour tant de mouvements de protestation, de révolte et pour animer des manifestations réclamant la liberté ?


Au moment où j'écris ces lignes, l'Oktoberfest bat son plein à Munich.  Le plus grand festival au monde est né il y a plus de 160 ans, à peu près en même temps que l'art de l'affiche.  Les posters de cette immense fête de la bière sont précieux et font l'objet d'expositions muséales en Allemagne.  Ils reflètent l'histoire, les modes, les styles de la peinture depuis 1870; de l'art nouveau jusqu'à aujourd'hui, en passant par le symbolisme, le cubisme et l'art déco.  Quel bel objet d'étude et de contemplation pour illustrer cet art qui a fait son chemin jusqu'aux chambres des adolescents de notre époque !  Les artistes qui les ont créés ont su montrer les beaux symboles qui représentent la Bavière et ses habitants, ainsi que les caractéristiques de la fête.  Ils nous font enter dans l'ambiance endiablée de cet événement grandiose.  

En voici quelques échantillons dans le montage ci-dessous... 



lundi 4 août 2014

LA QUÉBÉCOISE LORIE HAMEL : JEUNE PRODIGE DU MAQUILLAGE ET DE L'ART CORPOREL.


Lorsque je vais à la chasse ou à la pêche d'images fantasmagoriques, ou quand je pars à la recherche du "spectaculaire" dans les arts visuels, je fais toujours un détour du côté des effets spéciaux des films de science fiction avant d'aller aussi jeter un coup d'oeil aux résultats des fabuleuses compétitions du "World Bodypainting Festival" qui se tient chaque année en Autriche, au mois de juillet.  Cet événement rassemble les meilleurs spécialistes de l'art corporel, mieux connu sous son vocable anglais de "body painting".  Cet été, c'était la 17e édition de ce rassemblement, le plus prestigieux et le plus couru en son genre.  Année après année, à force de voir les exemples des prodiges que réalisent les artistes provenant de plus d'une quarantaine de pays, on devient de plus en plus exigeant et un peu blasé.  On veut être surpris.  Et bien, à la fin de ce concours international, la surprise est venue, non pas tant des oeuvres présentées, mais de l'identité de la gagnante de la catégorie «Effets spéciaux - Visage».  Il s'agit de la jeune Québécoise Lorie Hamel, originaire de Trois-Rivières.  À 26 ans, et avec ses airs d'adolescente, c'était le "bébé" parmi les participants et participantes de cette compétition de professionnels de haut niveau, où les moins âgés sont habituellement dans la mi-trentaine ou même dans la quarantaine.

Mais dans ce groupe restreint d'as du body painting, la présence de mademoiselle Hamel n'avait rien de nouveau puisqu'on la voit faire sa place dans ce milieu d'artistes d'élite depuis quatre ans déjà.  En 2010, alors qu'elle était encore étudiante au baccalauréat en arts visuels à l'Université du Québec à Trois-Rivières, elle avait ravi la troisième place dans la catégorie «effets spéciaux» à ce fameux Festival d'Autriche (WBF).  On avait salué sa performance et vanté son esthétisme.  «C'était l'année où j'ai commencé à faire de la compétition et je les gagnais toutes.  Je n'avais jamais fait d'effets spéciaux de ma vie, et je me suis ramassée 3e au monde.  Je n'étais clairement pas consciente de l'ampleur de ce festival-là», a-t-elle déclaré, après être revenue chez elle, fière de son exploit.  Cette année, au WBF, elle s'est aussi hissée jusqu'au 6e rang dans la catégorie du "airbrush" ou aérographe.  Depuis quatre ou cinq ans, le formidable américain Scott Fray, à qui nous avons déjà consacré un billet dans ce blogue, est pratiquement indélogeable de la première position dans cette catégorie maîtresse.  


Avec des merveilles comme Lorie Hamel, ou le cinéaste Xavier Dolan et la joueuses de tennis Eugenie Bouchard (photo ci-dessus), le Québec produit des jeunes au talent extraordinaire qui s'affirment dans plusieurs domaines, sur la scène internationale.  On est loin de l'époque du rapport Durham (1837) dans lequel les conquérants anglais écrivaient que les Canadiens étaient un peuple sans éducation et sans culture.  Il y a à peine 50 ou 60 ans, l'écrivain, et auteur-compositeur-interprète Félix Leclerc (1914-1988) avait dû s'exiler en France pour obtenir la reconnaissance qu'il méritait.  Il semblait prêcher dans le désert en disant aux Québécois de prendre leur place dans le monde en arrêtant d'avoir peur de l'inconnu, peur d'entreprendre, peur du ridicule, peur de la police, peur de leur femme (!!!), peur d'être heureux !  Depuis, des artistes comme Robert Charlebois, Robert Lepage, Diane DufresneLuc PlamondonCéline Dion, Garou; ou des entreprises québécoises comme le "Cirque du Soleil" ont fait leur marque dans toute la francophonie et même au-delà.  Il semble que la jeune génération, celle de Lorie Hamel, a encore moins de complexe et plus d'audace que la génération précédente.  Ils osent se lancer à l'aventure, et relever des défis en se disant : «pourquoi pas ?», même si les chances de succès paraissent minces.


Très tôt dans sa vie, Lorie a réalisé qu'elle aimait peindre.  Toute petite, elle "travaillait" déjà avec du matériel d'adulte.  C'est d'abord en maquillant des enfants pour toutes sortes de fêtes qu'elle a eu la piqûre de l'art corporel.  Cette facilité, ce talent précoce, s'est vite transformé en véritable passion.  Elle a cherché à se perfectionner en faisant des études dans le domaine.  Mais avant même d'obtenir son diplôme universitaire, elle avait déjà démontré son talent, et créé une forte demande pour ses services.  Elle s'est fait connaître et elle s'est imposée rapidement en honorant plusieurs petits contrats, et en remportant le premier prix en "Face Painting" professionnel au "Face and Body Art International Convention" (Orlando, Floride, 2010).  La même année, elle a triomphé dans la catégorie "effets spéciaux" au "NZ Body Art Awards", en Nouvelle-Zélande.

Depuis ce temps, elle a beaucoup appris, et elle a beaucoup voyagé en participant et en excellant dans bien d'autres compétitions disputées un peu partout sur la planète.  Bien sûr, ses succès la réjouissent et la surprennent un peu, mais elle se sent à sa place dans cet univers fascinant de l'art corporel.  Plus que les prix et la reconnaissance qu'ils lui procurent, ce sont les contacts avec les autres artistes qui l'enthousiasment et lui font aimer ces réunions et ces activités à l'étranger.  C'est en observant travailler les autres compétiteurs que Lorie peut s'améliorer et progresser dans son art.  «Nous ne sommes pas beaucoup à faire ça et c'est l'occasion d'échanger et de créer des liens» mentionne la jeune Trifluvienne.  «Puisque les artistes peuvent laisser libre cours à leur imagination le temps d'un projet où tout est permis, ça fait vivre les idées créatives et ça nous permet d'encore mieux faire notre travail par la suite.  Ça fait vivre l'art !  C'est tout à fait incroyable pour un artiste de vivre ce rassemblement».


En plus de briller dans des concours mondiaux, Lorie Hamel a aussi impressionné, sur le plan professionnel, en participant à des projets excitants, notamment en cinéma et dans le domaine des jeux vidéo.  Entre autres, elle a fait du maquillage pour le film "Immortals" de Tarsem Sight et elle a agi comme chef maquilleuse pour la compagnie Ubisoft dans le projet "Black Eyed Peas".  Même si sa carrière débute à peine, on ne compte plus ses participations ou ses collaborations dans diverses expositions , des tournages de vidéo clips ("4brother" pour le vidéoclip de Imposs et Corneille), des festivals et des conférences.  Polyvalente, Lorie a également fait de la direction artistique, conçu des costumes et des coiffures, publié un article dans "The Art of Bodypainting" (2012) et organisé une compétition de bodypainting près de chez elle.  Facile d'approche et pas prétentieuse pour deux sous, malgré ses succès remarquables, Mlle Hamel veut transmettre la passion de son art au public et à ceux et celles, encore plus jeunes qu'elle, qui ont suivi ses cours de peinture, il y a déjà dix ans de cela !  Oui, à quinze ans seulement, Lorie était professeure pour des enfants de 9-10 ans !  Quand on disait qu'elle était précoce...


On peut seulement rêver à ce que cette artiste très douée pourra accomplir dans les prochaines décennies.  Fort occupée présentement, Lorie n'a pas le temps de reprendre son souffle entre ses participations à des festivals de peinture, son travail sur les plateaux de tournage de studios de cinéma, ses responsabilités en tant qu'animatrice de rue chez elle à Trois-Rivières, ou son boulot dans divers événements corporatifs au Qatar ou à Dubaï.  Mais elle apprécie ce travail aussi excitant qu'imprévisible : «ma vie, c'est toujours dernière minute !» avoue-t-elle, en riant.  Bien que ses oeuvres soient fatalement éphémères, Lorie les aime justement à cause de cela : elles sont uniques, fragiles, magiques et vivantes !  Elles n'auront été exécutées qu'une fois seulement, avec leur composition particulière, leur finalité précise et les multiples détails qui les personnalisent.  Seuls les photographes auront pu les immortaliser, si on peut dire...  La peau de ses modèles est pour Lorie le plus beau des canevas car cet épiderme est fragile, réactif et subtil.  Toutefois, gare à la chaleur quand le body painter est à l'oeuvre !  Car sous l'effet de la transpiration du modèle, la peinture est gâchée et disparaît !  Un peu comme les magiciens qui font disparaître des objets ou des personnes, les artistes corporels sont des illusionnistes passés maîtres dans la magie du "trompe-l'oeil" et du fantastique...  

mardi 29 juillet 2014

LES ÉBLOUISSANTES PEINTURES DANSANTES DE RACHELLE DYER ET COMPAGNIE...

DE NOLI - Belly Dancer of Chatanoga
«Cette fête du corps, devant nos âmes, offre lumière et joie».  Paul Valéry

Nous vivons à une formidable époque dans laquelle science et art s'unissent pour sublimer et enrichir notre expérience du "beau".  Ce mariage intime entre esprit scientifique et sensibilité artistique est relativement nouveau.  Ces deux entités différentes s'étant plutôt ignorées ou "snobées" depuis l'avènement des temps modernes.  Mais voilà que les préjugés ou les frontières ont explosé, entre ces deux mondes, au cours des dernières décennies; pour notre plus grand bonheur !  Les nouvelles technologies, notamment en infographie et en techniques cinématographiques, ont permis à des artistes de génie de faire éclater les genres et d'offrir des spectacles grandioses issus d'une approche multidisciplinaire.


ROBERT  LEPAGE
Robert Lepage, de Québec, en est un bon exemple.  Attiré dès son jeune âge par toutes les formes d'art, ce metteur en scène de 56 ans, a conquis le monde entier par sa puissante et originale opération de création, tenant à la fois de la globalisation et de la symbiose du théâtre, du cinéma, de la musique, du cirque, de la projection d'images, de la littérature, de la mise en lumière, de l'opéra et de la chanson.  Cet amalgame et cette fusion des arts sont mis en valeur et poussés à leur paroxysme par des moyens techniques à la fine pointe de l'innovation.   Cette prospection tous azimuts nous entraîne dans un univers étonnant et envoûtant, même s'il peut être déroutant et déstabilisant, parfois...le temps de l'apprivoiser et d'y entrer de plain-pied.

Cette fête des arts qui s'épousent, se fécondent et produisent des fruits savoureux, je l'ai retrouvée dans les oeuvres de jeunes peintres qui, comme Lepage, ont pris le beau parti de décloisonner les genres et d'inventer leur propre style.  Voici un bref regard sur leur passionnant parcours...



RACHELLE DYER - Lunge to the Side
«Quand tu danses...tu sors de toi-même, tu deviens plus grand et plus puissant, plus beau.  Pendant quelques minutes, tu es héroïque.  C'est la puissance.  C'est la gloire sur terre.  Et cela t'appartient, chaque soir.»  Agnes de Mille

Certains arts sont proches parents et peuvent être maîtrisés ou combinés mieux que d'autres par le même artiste.  Mais il faut être doué, fort savant ou très instinctif pour exceller avec autant de talent dans plus d'une discipline à la fois.  Avoir expérimenté personnellement, intensément et intrinsèquement ces formes d'art distinctes est certes un grand avantage et un atout incomparable.  C'est le cas pour une brillante jeune artiste canadienne du nom de Rachelle Dyer.  Dès l'âge de six ans, cette résidente de Burnaby, en Colombie-Britannique, influencée par une famille dans laquelle les arts fleurissent dans un bon terreau, tombe en amour avec la danse.  Elle se met au ballet parce qu'elle aime la beauté et la grâce de ces mouvements dynamiques et rythmés qui lui procurent des sentiments de paix et de liberté lorsqu'elle est sur scène.  Mais à peine entamée, sa carrière professionnelle de danseuse est compromise, et bientôt avortée, par des blessures chroniques.
RACHELLE DYER
C'est alors qu'elle se tourne vers la peinture, dont elle avait appris les rudiments au cours de ses études secondaires.  Mais tout son corps, son coeur et son âme sont toujours possédés par la danse et la musique qui l'accompagne habituellement.  Ce bagage d'intuition, de sensations et d'expérience lui servira à jamais d'inspiration pour ses oeuvres dessinées et peintes.  Rachelle, dans la quête absolue de la maîtrise de son style, cherche à capturer, sur ses toiles, l'émotion et l'essence des mouvements propres aux danseurs.  Le but de cette ingénieuse autodidacte est de faire ressentir aux personnes qui observent ses tableaux, les mêmes vibrations que celles qui l'animent intérieurement quand elle peint.

RACHELLE DYER - Moving Through
Cette jolie Canadienne d'à peine 26 ans fait passer sa magie artistique par la lumière et la passion qu'elle met dans les yeux de ses sujets "dansants".  Ces tours de prestidigitation se traduisent aussi dans la tension et l'élan que mademoiselle Dyer insuffle dans les bras et les jambes de ses personnages, touchés par l'amour de leur art...  Le résultat s'avère superbe et on se demande jusqu'où pourra bien aller cette poète du pinceau, déjà excellente à un si jeune âge !  Quelle danseuse elle devait être !  Du genre de celles dont Henry Havelock Ellis a dû s'inspirer pour écrire, dans son livre "LA DANSE DE LA VIE" : «La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu'elle n'est pas une simple traduction ou abstraction de la vie; c'est la vie elle-même».  Rachelle Dyer est-elle une danseuse qui peint, ou bien un peintre qui danse dans ses toiles ?  Il semble que les deux hypothèses sont vraies et font d'elle une artiste exceptionnellement remarquable...


A. KURASOV - Salome Dance
Beaucoup de peintres admirables se sont inspirés de la danse pour ravir les amateurs d'art.  Parmi mes préférés : encore un Canadien, Oliver Ray, la Bulgare Galya Bukova, les Russes Misti Pavlov et Leonid Afremov (Biélorussie), l'Anglaise Josephine Wall et, bien sûr, l'incontournable maître français Edgar Degas.  Le diaporama suivant nous montre certains de leurs chefs-d'oeuvre, accompagnés par la poésie musicale d'un illustre compatriote de Rachelle Dyer, le montréalais Leonard Cohen, qui chante, en concert, son immense succès DANCE ME TO THE END OF LOVE.  Sur ces accords envoûtants, qui font un peu penser à ceux du folklore musical grec, on peut s'imaginer facilement en train d'admirer, en pleine action, la déesse de la danse, la captivante Terpsichore.  À moins que ce ne soit les Bacchantes ou Salomé...  Tous les rêves sont permis...



samedi 22 juin 2013

JOANNE GAIR : DES INDIGÈNES M­AORI AUX CÉLÉBRITÉS DE HOLLYWOOD...


«Les grands artistes sont ceux qui imposent à l'humanité leur illusion particulière.»
Guy de Maupassant

Vous avez beau avoir entendu parler d'un phénomène, lorsqu'il se retrouve soudain à deux mètres de votre visage, vous pouvez ressentir un véritable choc !  C'est ce que me racontait, il y a quelques mois, un proche parent qui travaille comme serveur dans un grand hôtel de la ville où j'habite.  Au long de sa carrière de presque 40 ans au service des banquets de cet employeur de renommée internationale, il a côtoyé des gens de toutes les nationalités et de tous les métiers lors de réunions, de colloques, de congrès et de fêtes de toutes sortes.  De l'humble fermier, membre de l'Union des Producteurs Agricoles, pas mal perdu dans la vaste salle de bal de ce grand hôtel, jusqu'au président des États-Unis assistant à une conférence mondiale, il en a vu de toutes les couleurs mais jamais il n'avait été confronté à un telle surprise...  En qualité de serveur, il est souvent appelé à donner un coup de main pour décorer les tables et les salles où les clients se rassemblent pour manger, travailler ou se divertir.  Mais cette décoration-là, il n'en avait jamais vu de semblable.  Jamais au grand jamais !  D'ailleurs, les invités au banquet n'avaient d'yeux que pour elle.  Pour "elles", en fait, parce qu'elles étaient deux.  Il s'agissait de deux jeunes femmes qui n'avaient pour tout vêtement qu'une couche de maquillage ou de peinture sur le corps.  Ah !  ce n'est pas tout à fait exact, l'une d'elles portait un mini slip mais si petit que...  Bon nombre de congressistes étaient donc fort distraits et ils ne suivaient guère les présentations habituellement assez ennuyantes de ce genre d'activités d'affaires.  Les plus hardis se risquaient même à demander des autographes aux deux centres d'attraction de la place, histoire de les admirer de plus près.  Hum ! Hum !  Curieusement, c'est celle qui ne portait pas de slip qui recevait le plus de demandes, et qui semblait la plus gênée de ces regards inquisiteurs posés sur sa personne !


Décidément, on n'a plus les "hommes sandwichs" que l'on avait dans la première moitié du XXe siècle !  Dans ce temps-là, en effet, on voyait parfois des hommes se promener dans les rues des grandes villes avec une double pancarte attachée au cou, et qui leur pendait sur le torse et sur le dos.  Sur ces affiches il pouvait y avoir de la publicité, des offres de services, des slogans de manifestation, des menus de restaurants, des annonces d'événements, de la propagande, des caricatures, etc.  L'essentiel c'était d'attirer l'attention du public.  Aujourd'hui, avec le body painting ou la peinture corporelle, le but est le même mais disons que les moyens ou le "matériel" ont bien changé !


Manifester ainsi ses opinions, ses intérêts, ses intentions ou son appartenance à une compagnie ou à un groupe n'a pourtant rien de nouveau.  Les tribus primitives des premières nations le faisaient déjà il y a plusieurs milliers d'années !  Des indigènes comme les Maori de Nouvelle-Zélande (photo ci-dessus) dont s'est inspiré une artiste de ce pays, Joanne Gair, qui est devenue célèbre à Hollywood !  Cette femme de 55 ans qui a grandi à Auckland avant de faire plusieurs séjours à l'étranger pour enfin élire domicile à Los Angeles en 1984, est reconnue comme la "leader" de son art dit "du trompe-l'oeil".  Gair se décrit d'ailleurs elle-même comme une "illusionniste", une "faiseuse" d'images qui oeuvre dans l'univers des perceptions.  Les plus cyniques en profiteront pour souligner que cette artiste est bien de son temps : un temps où la tromperie, l'hypocrisie, la superficialité, le "paraître", la chirurgie plastique et les fausses apparences sont à la mode...


Joanne Gair est arrivée en Californie au milieu des années 1980, à l'époque où l'industrie du vidéo-clip naissait.  Cette nouveauté a d'ailleurs grandement stimulé sa créativité.  À la base, c'est une maquilleuse.  Dans ses années de formation et de découverte elle a été impressionnée et influencée par la tradition des peintures corporelles et des ornements présente dans la culture des Indiens d'Amérique, des Indiens Mehndi et des geishas japonaises.  L'accoutrement et les "déguisements" des groupes de musique rock ou "heavy metal" américains (comme le groupe Kiss) l'ont également marquée.  À 19 ans, elle avait déjà commencé à utiliser des crayons "sharpie" pour dessiner sur le corps des gens.  Et dès son installation en Californie, Gair a oeuvré dans le monde de la musique en créant des pochettes d'albums et en collaborant à des vidéos de David Lee Roth, Tina Turner, Grace Jones, Annie Lennox et Mick Jagger.  Par la suite, pendant dix ans, elle sera associée aux "décorations" et aux "idées artistiques" de Madonna.  Gair a mérité de nombreuses récompenses et plusieurs trophées décernés par l'industrie du show business américain.  Elle a aussi aidé quelques-uns de ses clients dans le monde de la mode, de la publicité et du style à gagner des prix d'excellence.  Gair a elle-même créé des modes et des tendances.


Joanne Gair est devenue célèbre en réalisant les fameuses peintures corporelles de Demi Moore pour les pages couvertures du magazine VANITY FAIR en août 1991, et le même mois en 1992.  Ces oeuvres sont considérées encore aujourd'hui comme les exemples les plus connus du body painting moderne.  À partir de ce moment-là, elle recevra beaucoup de commandes des médias (Vogue, Rolling Stone, Playboy, BlackBook, Harper's Bazaar), des meilleurs photographes, des directeurs de production du cinéma et de la télévision, des compagnies de cosmétiques (L'Oréal, Maybelline, Revlon, Oil of Olay, Rimmel), des agences ou des firmes de publicité et de mode (Donna Karan, Versace, Victoria's Secret, Guess), des super mannequins et d'un grand nombre de célébrités (Cindy Crawford, Michelle Pfeiffer, Kim Basinger, Christina Aguilera, Gwyneth Paltrow, Sophia Loren, Celine Dion, Gwen Stefani, Aerosmith, Nine Inch Nails, etc).  Ils ou elles sollicitent tous sa collaboration ou sa touche de génie pour mettre leur travail, leurs idées ou leur personne en valeur.


Mais ce qui deviendra sa marque de commerce ou sa niche de spécialité, ce sera ses fameux faux costumes de bain pour les numéros spéciaux (Swimsuit Issues) de la revue Sports Illustrated.  C'est devenu une tradition depuis quinze ans.  Les plus grandes top modèles de la planète sont passées sous son pinceau d'experte.  Un "travail" que bien des hommes auraient voulu accomplir sur les superbes corps nus des Heidi Klum (photo ci-dessous), Rachel Hunter, Jessica White, Sarah O'Hare, Marisa Miller, Noémie Lenoir, et Kate Upton (photo ci-dessus), pour n'en nommer que quelques-unes...


Puisque, au début de sa carrière, Joanne Gair maquillait des visages, elle en est venue naturellement à maquiller le reste du corps de ses modèles : «De la peau, c'est de la peau», a-t-elle réalisé rapidement, «pourquoi devrait-il y avoir une séparation entre le visage et le corps ? J'ai seulement incorporé les deux ensemble.»  Pour elle, il n'y a pas de limites à ce qu'elle peut faire avec le maquillage.  La même transition qu'elle a faite en passant du maquillage facial au body painting, elle l'a également réussie en passant derrière la caméra pour photographier elle-même ses chefs-d'oeuvre.  Il en a résulté deux livres : Paint A 'Licious (2005) et Body Painting : Masterpieces By Joanne Gair (2006).  Sports Illustrated a aussi publié, en 2007, "In the Paint", un livre reproduisant la collection de Gair pour les éditions spéciales SwimSuit de la populaire revue.

À la différence des toiles des peintres "classiques", les "toiles" de Gair comportent des formes humaines qu'elle doit exploiter ou dont elle doit tenir compte dans ses dessins.  Mais comme les toiles ordinaires, la peau nue de ses modèles doit être parfaitement lisse, c'est-à-dire qu'elle doit être complètement dépourvue de poils ou de résidus quels qu'ils soient (crème, sueur, cosmétiques, huile de bronzage).  Les mannequins doivent aussi être déjà bronzés depuis quelque temps.  Pour peindre un sujet, il faut généralement une douzaine d'heures de travail.  Puisque les photographes veulent profiter de la lumière des fins d'après-midi pour immortaliser les oeuvres de Gair, il faut donc livrer la "marchandise" pour 14 heures 30.  Joanne doit commencer sa peinture vers une heure, dans la nuit qui précède.  Il faut prévoir des pauses pour le lunch et le repos.  Gair est toujours bien préparée mais elle ne dessine pas son projet sur papier avant de le peindre sur la peau de son sujet.  Deux assistantes l'aident dans sa tache.  Les trois femmes font l'essentiel du projet dans les premières heures.  Durant cette première étape, le modèle doit se tenir debout.  Ensuite il pourra être en position assise et surélevée afin que l'équipe puisse en faire le tour.  Il pourra aussi être étendu sur le dos ou à plat ventre sur une table de massage.  On va continuer de le peindre même lorsqu'il dormira.  Au besoin on protégera ses yeux avec du tissu ou des lunettes.  Pour les parties les plus intimes et les plus sensibles du corps des mannequins, on peut incorporer de petites pièces prosthétiques qui seront masquées par la peinture ou le maquillage.  D'autres modèles n'en auront pas besoin si elles se sentent confortables et en confiance après avoir vécu, par exemples, d'autres expériences avec les gens sur place.


L'art de Joanne Gair a bénéficié des avancées technologiques au fil de ses trente ans de carrière.  De la peinture à l'eau, elle est passée à un vaste assortiment de pigments, d'encres, de cosmétiques et de processus techniques qui étendent sa palette et sa liberté de création.  Ce qui lui donne le plus de fil à retordre ce sont les textures qu'elle doit parfois reproduire sur la peau de ses modèles.  Pour peindre le corps de Alyssa Miller, récemment, elle a dû faire une imitation d'un genre de suède blanc.  Une double difficulté. D'abord, justement à cause de la composition de la texture, et aussi parce que le blanc est une couleur dure à appliquer en raison de la poudre plus abondante contenue dans ses pigments.  Cette caractéristique rend cette couleur fragile, et il est ardu de déterminer la quantité suffisante de peinture requise pour assurer une bonne couverture de la surface peinte.    


En général c'est facile pour Joanne Gair de travailler avec des mannequins célèbres.  Ce sont des professionnelles et elles sont toutes dotées d'une très belle peau.  Gair a spécialement aimé peindre le corps de Kate Upton.  Celle-ci se sent très bien dans sa peau et c'est une fille pleine de vie.  Elle sait comment relaxer et garder un bon moral.  Elle adopte une attitude zen pendant les longues heures de "travail" tout en faisant preuve d'humour.  La splendide blonde a beaucoup de personnalité.  Avec elle comme avec ses autres modèles, Joanne Gair se fixe l'objectif de les montrer sous leur meilleur jour afin qu'elles dégagent l'image de filles athlétiques et en parfaite santé.  On est à l'opposé du concept du mannequin maigrichon à la froide beauté plastique...


Certes, sa spectaculaire collection de SwimSuit de Sports Illustrated a fait la renommée de Joanne Gair.  Mais, personnellement, ce n'est pas le "glamour" de ces oeuvres qui m'impressionne et me ravit le plus dans le catalogue ou les expositions de cette grande artiste originaire de Nouvelle-Zélande.  Ce sont plutôt ses idées et ses réalisations dans le domaine de la publicité et de la photographie (exemple ci-dessus avec Pamela Anderson).  La grande qualité de l'esthétisme de ses photos pour la compagnie Guess est difficile à surpasser.  En body painting, Gair est à son mieux quand elle s'inspire de la nature et de la culture de son pays d'origine pour créer des compositions organiques superbes.   

vendredi 31 août 2012

KRISTINA ELIZAROVA : LA CHAMPIONNE MONDIALE DE "BODY ART" QUI TRANSFORME SES RÊVES EN RÉALITÉ VIVANTE !


Selon certaines études plus ou moins scientifiques, l'être humain n'exploiterait que 10 % du potentiel de son cerveau. Nous pouvons avoir un aperçu ou une certaine idée de la puissance de notre subconscient quand, au petit matin, nous nous éveillons et que nous nous souvenons de certains rêves que nous avons faits durant la nuit, dans notre sommeil. Wow ! Dans ces rêves fantastiques, il semble que chacun de nous peut accomplir des choses incroyables, ou ressentir de vives émotions, à un niveau surnaturel. Comme par magie ou par enchantement, notre subconscient ou notre esprit invente et met en scène tout un monde. Avec leur grande sensibilité et une imagination plus développée que la moyenne des mortels, les artistes utilisent-ils davantage les capacités de leur cerveau ? À voir la richesse et l'inventivité surprenante de certaines de leurs créations, on est porté à le croire.


Prenons l'exemple de la jeune artiste-peintre Kristina Elizarova. Si on prend pour acquis que la rêverie compte pour une bonne part dans le processus de création, cette jeune russe de 26 ans qui habite Moscou, doit jouir d'un imaginaire spectaculaire, à en juger par ses oeuvres foisonnantes de couleurs et de formes qui frappent le regard et coupe le souffle des amateurs d'art qui découvrent ses productions. L'ensemble de ces petits chefs-d'oeuvres baigne dans une harmonie fascinante qui témoigne d'une maîtrise stupéfiante chez une artiste aussi peu âgée. La qualité exceptionnelle de ses présentations a d'ailleurs été récompensée au 15e Festival International de Body Painting, qui se tenait en Autriche au début du mois dernier. La jeune femme aux yeux vifs et au sourire espiègle, nouvellement mariée, a mérité la première place dans l'une des catégories qui mettaient en compétition les représentants d'une quarantaine de pays.



L'éclosion du talent artistique de Kristina Elizarova s'est produite alors qu'elle n'était qu'une enfant. Ses aptitudes pour le dessin et la peinture ont ensuite bénéficié d'un bon support pédagogique et technique tout au long de son cheminement scolaire. Ces années d'apprentissage ont débouché sur la maîtrise de spécialités dans les domaines du design d'intérieur et du stylisme textile. Cette formation lui a permise de faire éclater son génie créatif sur plusieurs plans. Elle imprime son style personnel sur une vaste gamme de projets reliés, entre autres, au cinéma, à la photographie, à la mode, à la danse et à la présentation de spectacles. La jeune moscovite crée des vêtements, des coiffures, des meubles et des décors. Des producteurs de film font appel à ses talents de maquilleuse ou lui demandent de collaborer à la mise au point d'effets spéciaux. Les photographes professionnels recherchent son expertise pour donner une touche artistique spéciale à leur arrière-plan ou pour peindre le corps de leurs sujets humains. Il en est est de même pour les danseurs professionnels, les designers de mode, les artistes de scène ou les réalisateurs de vidéos en quête d'images marquantes ou d'idées originales pour assurer le succès de leurs performances ou donner une dimension sensationnelle à leurs productions.



Si, à partir de l'année 2007, Kristina Elizarova est devenue une adepte du body painting, c'est que cet art lui permet d'exprimer simultanément et harmonieusement toutes les facettes de ses talents et de ses connaissances. Le temps d'une création, elle peut être à la fois, ou tour à tour, peintre, accessoiriste, dessinatrice, décoratrice, designer et coiffeuse ! Elle se sent alors une artiste complète, capable de donner vie aux créatures qu'elle voit dans ses rêves les plus fous ! «C'est ma vie, dit-elle, j'ai de nombreux plans pour le développement du body art dans mon pays et ailleurs dans le monde.» À l'âge où bien des apprentis-peintres n'ont pas encore fini leurs études, Elizarova, elle, enseigne déjà son art depuis un bout de temps. Des admirateurs la réclament pour suivre ses cours, non seulement en Russie, mais aux États-Unis, en Ukraine, et ailleurs en Europe. Et le plus hallucinant dans tout ça, c'est que sa carrière de "réalisatrice de rêves" ne fait que commencer. Kristina Elizarova n'a pas fini de nous étonner. Dans le montage ci-dessous, on retrouve quelques-unes de ses oeuvres parmi mes coups de coeur inspirés par cet art vivant qu'est le body painting...

mardi 29 novembre 2011

L'ART AU SERVICE DES HUMAINS POUR CONSOLER LEURS CHAGRINS DANS CETTE VALLÉE DE LARMES...


S'il est vrai que notre terre est une vallée de larmes...  Si nos espoirs de bonheur finissent par s'échouer comme des naufragés sur les récifs de la mort de nos amours, de nos fidèles animaux de compagnie, de nos amis, de nos êtres chers...  Si la mort de nos proches nous assomme, nous fait perdre conscience, nous plonge dans la froideur et la noirceur des ténèbres...  Après le choc de la mort, après le déni et l'incompréhension qui s'ensuivent; après la colère qui nous envahit; vient cette immense tristesse qui semble nous vider de notre propre vie...  Comment soulager notre douleur et notre affliction ?  Qui peut nous donner un peu d'apaisement, de sérénité, de paix, pour finir par accepter l'inévitable ?  Pour certains endeuillés, la foi, la prière et la religion peuvent les aider à passer à travers cette épreuve terrible de la mort d'un être aimé.  Leur foi profonde en la résurrection, ou leur croyance en une réunion future avec leurs chers disparus, dans un monde meilleur, peut même raviver leur spiritualité et changer leur vie pour le mieux.  Pour d'autres, c'est la mère nature, le soleil, les espaces verts, la paix des champs, une mer qui vous berce dans ses flots, le grand air de la montagne, le chant des oiseaux, ou simplement le temps qui passe et un peu de méditation, qui arrangeront les choses, leur permettront de retrouver l'équilibre, de remettre de l'ordre dans leurs idées et leur vie.




Et puis, c'est aussi le rôle de l'art et des artistes de guérir, de bercer, de consoler les humains quand ils souffrent ou sont désespérés.  Il existe un art du deuil, une façon de le traverser pour qu'il devienne une expérience positive. Pour que les endeuillés évitent de sombrer dans les regrets, les remords, les tourments, la confusion, la dépression.  Le remède le plus efficace pour soigner ces malaises est la chaleur humaine.  Il faut que la personne affligée puisse compter sur l'écoute attentive, la compréhension et l'amour des siens.  Elle doit exprimer ses sentiments, sa douleur, sa tristesse afin de s'en libérer petit à petit.  Si elle ne trouve pas les mots ou les moyens pour le faire, c'est l'oeuvre d'un artiste : une chanson, une musique, un poème, le tableau d'un peintre qui pourra la secourir ou l'aider à "réussir" son deuil.  Les artistes eux-mêmes, ces experts de l'expression et de la communication, répètent souvent que leur art est une thérapie qui leur permet de vivre ou de supporter la vie.  Face au deuil (le leur ou celui de leurs proches), c'est leur plume, leur instrument de musique, leur pinceau qui leur permet de descendre au plus profond des âmes, d'y voir clair, et de trouver les moyens de la réconforter.




À titre d'exemple, la chanson intitulée "À ma mère" (aussi connue sous le titre "Perce les Nuages") écrite et composée par Paul Daraîche, est faite d'une poésie toute simple mais qui dit tout ce qu'un enfant endeuillé ressent et devrait dire à sa mère, elle qui, en perdant le conjoint avec qui elle vivait un amour fusionnel, se trouve à perdre la moitié de son être.  Aussi simple soit-elle, c'est une grande chanson, une merveilleuse berceuse qui remplit bien ce rôle d'instrument de consolation de la douleur humaine.  Quelle belle idée de demander tour à tour au grand soleil, au vent de la mer et à une étoile de la nuit de se faire tout à la fois messagers et acteurs afin de soutenir des personnes affectées par la perte d'un être cher.  Ce n'est pas pour rien que tant de chanteurs et de chanteuses ont repris cette oeuvre bienfaisante, entre autres : Isabelle Boulay, Patrick Normand, Mario Pelchat, etc.  Cette mélodie est également jouée lors de funérailles.  La voici, interprétée par Isabelle Boulay, et accompagnée d'images que j'ai sélectionnées...

samedi 6 août 2011

IMAGINONS COMMENT SCOTT FRAY POURRAIT PEINDRE LE CORPS DE LA JOCONDE SI ELLE VIVAIT AUJOURD'HUI !


Les puristes des beaux-arts seraient indignés et horrifiés même si cette idée ne faisait qu'effleurer leur esprit. Mais ne serait-il pas amusant d'essayer de les convaincre que le génial Léonard de Vinci, s'il vivait aujourd'hui, ne ferait pas le portrait d'une Mona Lisa mais préférerait peindre... directement sur son corps nu ?! Avant-gardiste révolutionnaire et très ouvert d'esprit, le grand maître italien qui a peint la Joconde entre 1503 et 1506, aurait beaucoup de plaisir en vivant à notre époque. À la fois scientifique, inventeur et maître dans plusieurs arts, il pourrait faire éclater ses multiples talents et son ingéniosité sans bornes en pratiquant le body painting. Cet art moderne qui connait un grand essor, surtout depuis le début du 21e siècle, lui permettrait de n'avoir pour limites que sa propre imagination. Grand peintre devant l'éternel, Léonard de Vinci saurait encore de nos jours comment exploiter à merveille toutes les formes du corps humain. Sculpteur en son temps, il ferait aujourd'hui des prodiges en coiffant et en ornant les cheveux et la tête des modèles contemporains qui prêtent leur physique aux adeptes de l'art corporel. Nul doute qu'il aurait aussi maîtrisé l'art du maquillage pour faire de ses sujets des chefs-d'oeuvre incomparables. Et sa Mona Lisa de 2011 pourrait servir son génie créateur de façon extraordinaire, avec toute une panoplie de poses et d'expressions faciales diverses. Pas seulement par le sourire énigmatique qui a fait sa renommée et celle de celui qui l'a peint...



Trêve de rêves psychédéliques et d'hypothèses fabuleuses, les maîtres actuels du body painting nous donnent, par leurs oeuvres magnifiques bien réelles, une idée de ce que Léornard de Vinci aurait pu accomplir s'il vivait dans le présent siècle. Des artistes comme l'Américain Scott Fray et son assistante Madelyn Greco (photo ci-dessus) repoussent, année après année, les frontières de l'impossible en matière de body art. Ils éblouissent des dizaines de milliers de spectateurs qui sont témoins de leurs performances au cours de festivals extérieurs comme le North American Body Painting Championship (USA) ou le World Bodypainting Festival (Autriche). Deux compétions de très haut niveau qu'ils ont gagnées cette année, Fray ayant en plus l'honneur de devenir le premier et le seul artiste de body painting à être admis à l'International Fine Art Body Painting Association (IFABPA). Par leurs travaux spectaculaires et leurs productions visuelles vibrantes et très achevées, ils confondent les puristes qui refusent toujours de considérer le body painting comme une forme d'art légitime. Comme un art à part entière. Comme si cette forme d'expression n'avait pas évolué depuis ses débuts modernes quand, dans les années 1960, les hippies se dessinaient des fleurs sur la peau.




Scott Fray a commencé sa carrière de peintre corporel par hasard, au cours d'un festival de peinture, en 2002. Déjà en ces temps-là, ce peintre conventionnel cherchait une nouvelle voie ou un moyen de rendre son travail plus excitant. Une femme l'a approché afin qu'il lui fasse un dessin sur un bras. Une fois la "commande" remplie, Fray s'est aperçu, par la réaction du public, qu'il suscitait soudain beaucoup d'intérêt. Un pouvoir d'attraction qu'il n'aurait pas fait naître s'il avait exécuté son dessin sur une toile ou du papier. Renouvelant plus tard cette première expérience au cours d'évènements semblables, ce sont des applaudissements et des ovations que Fray s'attira à partir de ce moment-là. De fil en aiguille, la vocation du nouveau peintre corporel s'affirme et il choisit de faire de cette activité sa profession. Il gagne sa vie en répondant aux besoins des producteurs dans les domaine du théâtre, du cinéma, de la danse ou des concerts musicaux. Lorsqu'il peint des gens sur commande, il travaille d'instinct, dans une démarche du type "work in progress". Mais dans des compétitions relevées, de calibre international, c'est tout le contraire. Il va procéder en suivant un plan précis parfaitement adapté au modèle qu'il a choisi. Un plan détaillé qu'il aura préalablement exécuté à maintes reprises à l'entraînement. Un entraînement intensif que Fray compare à celui des athlètes olympiques. Normalement, lui et son assistante mettront entre six et huit heures pour terminer leur journée de labeur. Puisque par nature il s'agit d'oeuvres éphémères, il appartiendra à des artistes photographes de les immortaliser en "jouant" avec la lumière, en trouvant les bons angles et les meilleures poses pour mettre en valeur le travail des peintres et la beauté de leurs modèles...


Même si ces modèles ne portent souvent qu'un "string", leur nudité n'a aucune incidence à caractère sexuel dans l'ouvrage des peintres corporels. Selon Scott Fray, ses modèles vivent des sensations fortes en devenant des oeuvres d'art vivantes. Elles éprouvent un sentiment de puissance comme si elles étaient les bénéficiaires d'un important transfert d'énergie de la part des artistes qui les "transfigurent", qui les révèlent à elles-mêmes ou leur font découvrir une partie de leur personnalité qui était cachée. Certaines ressortent de cette expérience dans un état de choc, ou transformée à jamais. Comme cette jeune femme qui, un jour, a servi de "canevas" à Fray et dont le corps (et l'esprit) était marqué par une cicatrice, résultat d'un accident de voiture datant de quelques années. Depuis ce malheur, elle avait fait le deuil de la beauté de son corps et elle était très complexée. Après sa séance de body painting avec Fray, la jeune femme circula, ainsi "décorée", parmi la foule. Beaucoup de personnes l'arrêtaient pour lui dire comment elles l'a trouvaient jolie. Un compliment qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir entendre au cours de sa vie et qui .

De tels exemples, Fray peut en citer bien d'autres, et ce pouvoir de "guérison" est l'aspect de son travail qu'il trouve le plus gratifiant. Selon lui, la triple couronne qu'il a remportée cette année en devenant membre émérite de l'IFABPA, et champion nord-américain et mondial de body painting, lui permettra d'accéder à un niveau supérieur dans sa carrière. À voir ses réalisations passées, déjà si merveilleuses, on se demande bien jusqu'où il pourra bien se rendre dans la maîtrise de son art. Un art captivant, au mille facettes, qui, en s'éclatant, pourrait marquer l'histoire de ce siècle...